UNE ADAPTATION CINÉMATOGRAPHIQUE, DÉFINITION ACADÉMIQUE.

Where the Wild Things are de Spike Jonze (16 décembre 2009), traduit en français par Max et les Maximonstres, est une adaptation d’un grand classique de littérature jeunesse de Maurice Sendak, du même titre, paru en 1963. Les deux auteurs ont longtemps correspondu avant le tournage qui s’est déroulé à Melbourne, en Australie, et qui révéla le jeune Max Records âgé alors de 9 ans.
On parle d’adaptation cinématographique à propos de films dont le scénario est inspiré d’une œuvre préexistante. Néanmoins, l’adaptation est avant tout une réécriture, une interprétation personnelle et nouvelle du texte initial, comme l’atteste cet extrait d’une interview de Spike Jonze : « le plus important pour moi était de réussir à capturer l’essence et le ton véritable du livre. Ou du moins, ce qu’il était pour moi… ».
Le film est donc un nouvel objet qui repose sur le passage du langage littéraire au langage cinématographique. Dans Max et les Maximonstres, on passe d’une œuvre illustrée d’environ 100 mots à un film d’une durée d’1h40. Dans ce cas, on parle de logique d’amplification.
Analyser une adaptation ne revient donc pas à évaluer le degré de fidélité ou d’écart par rapport à l’œuvre de départ, source d’inspiration. Par exemple, Spike Jonze a été transporté par le caractère poétique de l’album : « le livre se lit comme un poème. Il est très évocateur. Il n’y a que vingt phrases mais beaucoup d’émotions. Pour moi, c’est un poème. » déclare-t-il dans une interview.

LA RENCONTRE DE DEUX AUTEURS : MAURICE SENDAK (1928-2012) ET…

Les deux auteurs ont longtemps correspondu avant le tournage (pendant une dizaine d’années).
Maurice Sendak est l’un des plus grands auteurs de la littérature jeunesse du XXème siècle. Cet auteur-illustrateur de contes pour enfants est né à Brooklin le 10 juin 1928. Il est originaire d’une famille d’immigrants-juifs-polonais, dont certains membres ont été victimes de l’Holocauste. Sa carrière est très diverse : auteur, illustrateur, mais aussi affichiste, auteur de campagnes publicitaires et créateurs de décors de théâtre et d’opéra (voir Le Maxilivre hommage à Maurice Sendak). En 1963, il rencontre un succès international avec Where the Wild Things are, œuvre traduite en de nombreuses langues et adaptée plusieurs fois au cinéma (courts-métrages d’animation) et en opéra en 1979. En 1970, il reçoit la Médaille internationale de Hans Christian Andersen (le Prix Nobel de la littérature enfantine).

… ET SPIKE JONZE

Spike Jonze est un réalisateur, scénariste et producteur américain né à Rockville aux États-Unis en octobre 1969. Il a d’abord commencé sa carrière en réalisant des spots publicitaires, des courts-métrages et des clips : It’s oh so quiet de la chanteuse Björk en 1995, Da Funk de Daft Punk en 1997, Electrobank des Chemical Brothers en 1997. En 1999, il réalise son premier long métrage : Dans la peau de John Malkovich. Ce film remporte trois nominations aux Oscars en 2000, dont celui du Meilleur réalisateur. En 2009, il se lance dans l’adaptation de Where the wild things are de Maurice Sendak. En 2013, il signe une comédie dramatique Her portée par Joachim Phoenix. Celle-ci remporte le Golden Globe et l’Oscar 2014 du Meilleur scénario original.

WHERE THE WILD THINGS ARE DE MAURICE SENDAK (1963) : UNE ŒUVRE ICONOCLASTE ET CONTROVERSÉE.

Judy Taylor, éditrice anglaise de Maurice Sendak a été chargée de présenter Max et les Maximonstres au public britannique. Elle relate les premières réceptions de l’œuvre : « J’eus un véritable coup de foudre pour les aventures de Max, mais il me fallut un certain temps (et de nombreuses discussions sérieuses) avant de pouvoir convaincre mes collègues que cet ouvrage n’allait pas terrifier tous les enfants de Commonwealth. ».

Les controverses naissent à cause du caractère transgressif de l’album : les codes habituels de la littérature jeunesse sont bouleversés. D’une part, la représentation de monstres terrifiants aux dents pointues interpelle. D’autre part, le sujet même — l’exploration de la part sombre de l’enfance et de l’imaginaire — déstabilise le lectorat. En prenant le contre-pied de la littérature moralisatrice de l’époque, où le personnage a vocation de montrer l’exemple, l’œuvre fait polémique. Par exemple, les psychanalystes Françoise Dolto et Bruno Bettelheim déconseillent l’album. De l’autre côté, des éditeurs saisissent la puissance cathartique du voyage de Max : « les lecteurs adorent le côté turbulent de Max, la forte stylisation des monstres, la poésie de l’écriture sendakienne, la façon dont les illustrations débordent de la page pour glisser vers la suivante […]. Mais tous ces éléments seraient inopérants si Sendak ne les avait pas rassemblés autour d’un noyau émotionnel puissant : la fureur de Max et la catharsis qu’il atteint par le biais du fantasme. »

C’est ensuite un déferlement d’éloges à la parution de l’album. Ursula Nordstrom écrit à une journaliste en 1964 que Max et les Maximonstres était « le premier album pour enfants américain à prendre en compte le fait que les enfants soient traversés par des émotions puissantes — la colère, la peur —, mais aussi par le besoin, comme Max après que sa rage s’est apaisée, d’être aimé, d’être aimé terriblement. De nombreux livres d’images contiennent de belles histoires et de jolies images, et certains sont parvenus à pointer du doigt des éléments essentiels de la vie des enfants… Mais il me semble que Max et les Maximonstres va plus loin. »

DE L’ÉCRIT À L’ÉCRAN : L’INTERPRÉTATION CINÉMATOGRAPHIQUE DE SPIKE JONZE

LE VOYAGE DE MAX : UN RÉCIT D’APPRENTISSAGE AU PAYS DES MAXIMONSTRES

Synopsis :Max se sent seul et incompris chez lui. Un soir, agacé par la présence de l’amant de sa mère, il fait une crise. Suite à cela, il est puni et envoyé au lit sans souper. Il s’enfuit alors de la maison familiale. Au terme d’un périple merveilleux, il accoste dans un pays peuplé de mystérieuses et étranges créatures aux réactions imprévisibles. Ce sont les Maximonstres, qui attendent un chef capable de les diriger. Max, lui, rêve d’un royaume sur lequel étendre son pouvoir.

Le scénario du film comporte trois temps auxquels sont associés trois lieux. D’abord, le monde ordinaire et fade de la banlieue américaine, puis le monde merveilleux et plein d’aventures de l’île des Maximonstres, enfin le retour dans le monde de départ, qui confirme l’évolution du personnage.
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