EXPRIMER LE DÉSIR D’ÉVASION : LE CHANT, LA DANSE ET LES COULEURS AU SERVICE DU MONDE IMAGINAIRE DU PERSONNAGE

Dans ce récit initiatique, Dorothy passe du monde réel en sépia au monde extraordinaire d’Oz, à la couleur, au chant et à la danse. Dans ce monde féérique, elle rencontre des créatures hors du commun : le peuple des Munchkins, un épouvantail sans cervelle, des sorcières (Glinda, la bonne sorcière du Nord, la méchante sorcière de l’Ouest)…
La méchante sorcière de l’Ouest est interprétée par Margaret Hamilton.
Si le registre merveilleux correspond au surnaturel accepté (les événements ne provoquent aucune réaction chez les personnages et les spectateurs), à l’inverse l’étrange se solde par une interprétation rationnelle des éléments surnaturels qui le traversent. Le film crée une tension entre ces deux registres. Le merveilleux est la première hypothèse que l’on ressent quand on découvre Oz, néanmoins, la fin du film dévoile le caractère illusoire du voyage de Dorothy. Ce n’était finalement qu’un rêve : l’héroïne se réveille au Kansas, entourée par sa famille dans un monde sépia.

Un musical

Le musical, les couleurs et les effets spéciaux participent du merveilleux et s’inscrivent dans ce cinéma d’évasion dominant la production de l’époque. Quoi de plus éloigné en effet de la réalité que la comédie musicale où des moments dansés et chantés nous éloignent des codes du réalisme ? Ce genre populaire, emblématique de l’âge d’or hollywoodien, s'est développé à l’arrivée du parlant en 1927. C’est souvent un laboratoire où se mettent en place de gigantesques moyens à des fins de pur divertissement : son, effets spéciaux, chromatisme rutilant du Technicolor. Les épisodes dansés et chantés très théâtralisés sont au service de l’expression des émotions des personnages. La musique associée au rêve est souvent illustrative et / ou narrative : elle sert à augmenter la capacité expressive de l’image, souligner les émotions des personnages, anticiper des éléments narratifs.
Dorothy imagine un endroit idyllique : elle passe naturellement au chant. Pour l’anecdote, la production voulait d’abord couper cette séquence au montage, mais Arthur Freed a insisté pour qu’elle soit conservée.
Que se passerait-il s’il avait un cœur ? Le personnage en rêve en chanson dans « If I only had a heart ».
La MGM s’est rapidement spécialisée dans le genre de la comédie et du musical (Broadway Melody, Chantons sous la pluie, Un jour à New-York, Un américain à Paris, etc.).
Chantons sous la pluie (1952), comédie phare de la MGM montre les conséquences de l’avènement du parlant dans le cinéma américain. Le musical.

Un récit initiatique

Le « happy end » est souvent la marque de fabrique du musical. Dans Le Magicien d’Oz, les personnages apprennent qu’ils possédaient déjà ce qu’ils recherchaient. Le bucheron acquiert un cœur, le lion, du courage (moralité du self made man), Dorothy comprend que rien n’est mieux qu’un foyer : « There is no place like home ». Cette moralité semble simplificatrice. Pourtant elle s’adapte au public de l’époque. En effet, dans les années 40, le cinéma s’adresse à un public familial, avant l’arrivée de la télévision. Ces moralités consensuelles l’attestent.

La couleur

Si le musical définit le genre de ce film, c’est pourtant la couleur qui en sera l’argument principal. En effet, Le Magicien d’Oz est la première comédie musicale en couleurs après le premier long métrage de Disney, Blanche neige et les sept nains(1937). Révolutionnaire et sensationnelle pour les spectateurs, l’utilisation du Technicolor est aussi un moyen pour les studios de montrer un niveau technique remarquable puisque cette technique reste coûteuse et contraignante. Certains studios ou réalisateurs seront par exemple réticents devant les imperfections et les contraintes associées à ce procédé (chaleur sur le tournage par exemple).
Les souliers blancs du conte sont transformés en rouge rubis !
La couleur participe du registre merveilleux dans le film. En effet, à cette époque et jusqu’en 1960, elle est utilisée pour exprimer le rêve, le merveilleux, l’extraordinaire (elle ouvre vers l’imaginaire) tandis que le noir et blanc est au contraire synonyme de vraisemblance et de réalisme. Les teintes rutilantes expriment le rêve de Dorothy tandis que les séquences au Kansas sont en monochrome sépia.
L’entrée dans la couleur signifie l’entrée dans un monde merveilleux

Les effets spéciaux

Les effets spéciaux participent également du registre merveilleux. Albert Arnold Gillespie conçoit dans le film plusieurs trucages inédits qui ne ressemblent en rien à ceux d’aujourd’hui (ni image de synthèse, ni ordinateur, ni écran vert).
Les effets spéciaux sont réalisés avec des moyens artisanaux comme c’est le cas pour cette tornade.
Pour créer la tornade, Albert Arnold Gillespie a fait construire une sorte d'entonnoir en mousseline qu’il a ensuite fixé à un portique amovible pouvant se déplacer sur tout le plateau, tandis que la partie inférieure passait à travers le plancher. L’ensemble mesurant environ 9 mètres de hauteur avançait vers la caméra avec un nuage de poussière provoqué par des machines souffleuses (ventilateurs), donnant l’illusion d'une tornade se dirigeant vers la maison.
Plusieurs nains en costume ont été suspendus par des fines cordes de piano au-dessus du plateau, dans la scène où des singes ailés sont envoyés par la sorcière de l’Ouest pour enlever Dorothy
Dorothy vainc la sorcière de l’Ouest en lui jetant un seau d’eau à la figure. Dans cette scène, Margaret Hamilton a été placée sur une petite plate-forme élévatrice qui s’abaissait. L’ourlet de sa robe a été cloué autour de l’extérieur de l’ascenseur puis de l’air a été envoyé pour gonfler sa jupe.
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