AGENDA
Le grand départ
Projection mercredi 16 septembre 2026 à 15h, le Centre Culturel André Malraux, Rouen (76)
Gratuit et entrée libre dans la limite des places disponibles
06 80 59 89 21 / legranddepart@
Centre Culturel André Malraux, Rue François Couperin, 76000 Rouen
Une mini-série des jeunes des Hauts de Rouen
Juillet à septembre 2026
Présentation du projet
Dans le cadre d’un partenariat avec Arte, l’association l’Archipel des lucioles, qui pilote le dispositif Passeurs d’images au niveau national, mène depuis plusieurs années des actions en faveur de la réalisation de séries dans le cadre de l’opération Hors Séries.
Accompagnés par Antoine Chevalier et Nina Dickamby de l’association Mix’cités et par Normandie images, le groupe est constitué d’une dizaine de jeunes dont Nathanael Ondjonguis, ayant participé plusieurs années de suite à des projets Passeurs d’images, qui les fédère.
Le projet allie le “voir” et le “faire” et se déroule en deux temps :
- Une médiation autour de la série d’Arte “El Sardines” créée par Zoulikha Tahar avec le médiateur cinéma Laurent Cuillier : les jeunes découvrent la série, la décryptent et tirent des fils pour imaginer leur propre série. La thématique du départ du quartier, du voyage et du projet d’avenir seront reprises. Ce sont des sujets sensibles auxquels sont confrontés les jeunes.
Pour voir la série : "El Sardines" - Un atelier de réalisation de série avec le réalisateur Michael Leclere qui est déjà intervenu sur la série “Le monde d’après” imaginée après le premier confinement pour donner la parole de façon créative à des jeunes de 4 structures sur le port du masque. Il accompagnera les jeunes dans l’écriture de la série, la recherche d’arcs narratifs, le tournage et un peu le montage.
Pour en savoir plus sur la série "Le monde d'après"

Objectifs
Permettre aux jeunes de concrétiser leur envie de cinéma par un atelier de réalisation
Leur permettre de participer à un projet de mini-série porté par l’Archipel des lucioles
Leur faire découvrir La série El sardines avec un médiateur cinéma et leur permettre de s’en emparer pour réaliser la leur, reprenant des éléments de la série et y intégrant leurs aspirations
Leur permettre d’être devant et derrière la caméra, de participer à l’écriture, au tournage et un peu aussi au montage de leur série
Etre acteur d’un projet en étant accompagnés par un partenaire associatif et un partenaire culturel
Leur proposer une ouverture culturelle et un espace de parole
Leur permettre de prendre part à la réalisation d’une oeuvre collective
Développer des compétences, des savoir-être transposables dans d’autres domaines
Valoriser les jeunes lors de toutes les étapes du projet, de l’écriture de leur série à la valorisation en salle de cinéma et dans leur quartier
Note d’intention de Laurent Cuillier
À la suite de la projection de la série El sardines, la discussion avec les jeunes impliqués dans la réalisation du projet vidéo visera dans un premier temps à dégager les différentes thématiques abordées par les autrices. Voir dans un premier temps le grand sujet de la série, avant de revenir sur les préoccupations propres de chacun des six épisodes. Ce découpage permettra de comprendre et de justifier le découpage en chapitres de 6x10 minutes plutôt que le choix d’une fiction d’une heure.
On pourra ainsi dégager des trames à aborder dans la production des participantes et participants au projet “Grand départ” (via un personnage, une question, un lieu…).
La méthode envisagée est celle d’un atelier participatif, accompagné si besoin d’extraits de la série et d’autres supports pour illustrer les propos et méthodes présentés.
Note d’intention artistique de Michael Leclere
Dans la continuité des thématiques abordées par Laurent lors de l’analyse d’El sardines, je vais accompagner les jeunes dans le traitement scénaristique de leurs aspirations afin d’élaborer une trame autour de “l’ailleurs” et des dynamiques sociales qui sont les leurs et dont ils nous ont fait part en préambule lors d’un premier entretien.
Du processus d’écriture, nous entamerons ensuite une mise en place effective des tournages en fonction de la logistique que nous aurons à mettre en place. S’en suivra bien entendu comme dans tout atelier d’éducation aux images, une formation technique sur les rudiments de la mise en scène, la prise en main de la caméra, la lumière ainsi que le son. Comédiens ou techniciens, je les accompagnerai dans l’écriture, la réalisation et la post production des épisodes de cette mini-série qui se voudra cohérente et qualitative.
Le lancement du projet
26 personnes sont présentes au lancement du vendredi 3 juillet 2026 au Centre culturel André Malraux.Lors d’une brève présentation de la série El’Sardines, Laurent Cuillier évoque le contexte de sa réalisation et situe ses principales caractéristiques, afin que les participantes et participants à l’atelier gardent bien présente à l’esprit la thématique du « Grand départ » qui guidera leur production. Outre ce point fondamental, leur attention est attirée sur les notions de liens familiaux, de pression sociale, d’amitié et de protection de l’environnement qui peuvent orienter la réflexion lors du visionnage.
L’intégralité de la série est regardée en deux volets de trois épisodes, permettant un premier échange à mi-parcours. Lors de ce premier interlude, des questions sont posées sur la façon dont la série est perçue et quelles idées forces peuvent être retenues : les apports et remarques sont nombreux, concernant surtout l’idée de pression sociale et familiale déjà abordée mais aussi d’émancipation.
Au terme de la projection, la discussion débute par un tour de table sur la pratique de chacun en matière de choix de séries, télévisées ou autres. Laurent Cuillier revient sur les particularités d’El’Sardines, notamment concernant le choix du découpage en six épisodes et sa signification, ainsi que sur une analyse d’image de la dernière séquence, expliquant les choix de mise en scène de la réalisatrice. Ces échanges permettent également d’établir les premières pistes de travail avec Michael Leclère et de préparer quelques questions destinées à Zoulikha Tahar car les jeunes ont la chance de la rencontrer en visio!
A 20h, Zoulikha Tahar nous rejoint. Il y a beaucoup de questions des jeunes à la réalisatrice. Elle explique qu’Arte cherchait à développer des séries courtes et notamment en lien avec le Maghreb, elle leur a donc proposé ce projet. Le tournage a pris 14 jours et s’est déroulé dans la ville de sa jeunesse, ça fonctionnait mieux comme ça (après des essais à Marseille).
Un des jeunes a très bien compris pourquoi la série est en 6 épisodes : cela correspond aux 6 jours avant le départ de l’héroïne Zouzou (c’est aussi le surnom de la réalisatrice!). Il remarque justement que les titres des épisodes sont comme des chapitres.
A la question autour de l’inspiration de la série, la réalisatrice répond qu’elle s’est beaucoup inspirée de sa vie, de ses parents, Elle a vécu certaines situations et y a ajouté de la fantaisie, de l’humour. Son père était navigateur, le père de l’héroïne est marin pêcheur. Elle a une connexion à la mer. Comme dans la série, sa soeur s’est mariée avant elle.
Pour travailler sur cette série, elle a filmé ses parents, ce qui l’a aidé dans les dialogues. Étonnamment sa mère ne s’est pas reconnue dans la série (!!!) et son père si et a été touché. Il aime tout ce que sa fille fait (!) et a à cœur que ses enfants réussissent. Elle a fait jouer à sa mère le petit rôle d’une couturière.
Elle voulait aussi parler de la crise écologique… Le personnage principal fait une thèse en biologie et Zoulikha Tahar est ingénieure en mécanique des matériaux et l’actrice principale Meriem Amiar est ingénieure en biologie marine.
Un jeune lui a demandé des conseils pour réaliser leur propre série, elle leur répond : être honnête, à l’écoute de l’autre, être juste et s’amuser!
Juste après la visio, le groupe mobilisé sur le projet a discuté concrètement de la série avec Michael Leclere, les jeunes sont motivés et tireront leur inspiration de la série El Sardines et de leur quotidien.
L’atelier
Les jeunes travaillent sur un scénario en respectant le cahier des charges. Ils ont une trame, un début, une fin mais ils trouvent les dialogues pendant le tournage et enrichissent le scénario au fur et à mesure.
Le mercredi 22 juillet, avant de commencer à tourner, les jeunes regardent le pré-montage de l’épisode commencé la veille. Ils sont fiers du résultat. Il y a des rires aussi!
Une vraie équipe s’est formée, une jeune s’occupe de la caméra, les autres sont acteurs.
Projet mené avec le soutien du Département de Seine-Maritime dans le cadre de l’appel à projet Projets jeunes 76 et par l’Archipel des lucioles.
La valorisation
Ce mercredi 16 septembre 2026 a lieu la valorisation de la mini-série « Le Grand Départ » au Centre culturel André-Malraux, dans les Hauts de Rouen. Cette création a été imaginée et réalisée par les adolescents de l’association Mix’Cités, accompagnés par leur pair Nathanael Ondjanguis et le réalisateur Michael Leclere.
Le rendez-vous avec le public est fixé à 15 heures. Mais bien avant l’arrivée des spectateurs, les jeunes sont déjà à pied d’œuvre.
Dès 13h30, ils s'attellent à la construction des gradins et à l’installation du matériel de projection, accompagnés par les régisseurs. Une heure plus tard, la scène est prête. L’impatience et l’excitation de présenter leur création au public commence alors à se faire sentir. Michael Leclere arrive en avance pour retrouver les jeunes comédiens. Ces retrouvailles sont particulièrement attendues par tous : depuis le tournage du mois d’août, le groupe ne s’était pas retrouvé au complet. L’occasion de partager quelques souvenirs du tournage et de mesurer le chemin parcouru depuis la naissance du projet.
À 15 heures, les premiers spectateurs font leur entrée. Les jeunes les accueillent chaleureusement. Plusieurs structures sociales et médico-sociales des environs ont fait le déplacement, parmi lesquelles les résidents de l’EHPAD Saint-Joseph de Rouen, l’association Habitat La Clé et l’AFEV.
Les familles et les amis des participants sont également présents, impatients de découvrir le résultat de plusieurs jours de travail et particulièrement fiers de l’investissement des jeunes.
À 15h15, Anne-Sophie Charpy coordinatrice Passeurs d’images, la présidente de Mix’Cités, et Nathanael Ondjanguis animateur au sein de l’association montent sur scène afin de présenter le projet et d’introduire la séance.
Puis, place à la projection !
Dès les premières images, le rythme est entraînant et l’énergie du groupe se fait ressentir. Les jeunes peuvent être fiers du résultat : la série est drôle, dynamique et portée par des personnages aux personnalités bien affirmées. Chacun possède ses propres traits de caractère, ce qui contribue à former un ensemble à la fois drôle et attachant.
Au-delà de l’écran, c’est également la cohésion du groupe et le sérieux avec lequel les participants se sont investis dans le projet que l’on perçoit. Malgré le caractère ludique de la série, le travail accompli en quelques jours est considérable.
À la fin de la projection, les applaudissements viennent saluer leur travail. La fierté est palpable, aussi bien du côté des jeunes que de leurs animateurs, de leurs familles et du public.
Après la projection, les jeunes sont invités à monter sur scène pour échanger avec le public et revenir sur leur expérience.
Ils racontent alors les coulisses de la création et expliquent que l’écriture comme la réalisation se sont largement construites autour de l’improvisation. Leur volonté était notamment de conserver comme fil rouge la pratique du clean walk dans leur quartier, une démarche écologique qui occupe une place importante dans la série et dans les activités de l’association Mix’Cités.
Au fil des échanges, certains participants confient également leur envie de poursuivre dans le domaine du cinéma, que ce soit devant ou derrière la caméra. Tous se disent heureux et fiers du résultat.
Et lorsqu’on leur demande si les personnages de la série leur ressemblent vraiment, la réponse est claire : pas forcément ! Yanis, notamment, tient à préciser avec humour qu’il n’est pas vraiment mythomane « à temps plein »… seulement « deux à trois fois par jour » !
Pour comprendre la référence, une seule solution : regarder la série !
Et bonne nouvelle pour celles et ceux qui n’ont pas pu assister à cette première valorisation, « Le Grand Départ » sera de nouveau présenté dans le cadre du festival « Du Grain à Démoudre », qui se déroulera en novembre à Gonfreville-l’Orcher (près du Havre).
Une nouvelle occasion pour ces jeunes réalisateurs et comédiens de faire découvrir leur travail sur grand écran, de partager leur expérience et, peut-être, de donner envie à d’autres de se lancer à leur tour dans l’aventure cinématographique.
Projet mené avec le soutien du Département de Seine-Maritime dans le cadre de l’appel à projet Projets jeunes 76 et par l’Archipel des lucioles.
- Mots-clés: Ateliers