Le grand départ
Une mini-série des jeunes des Hauts de Rouen
Juillet à septembre 2026
Présentation du projet
Dans le cadre d’un partenariat avec Arte, l’association l’Archipel des lucioles, qui pilote le dispositif Passeurs d’images au niveau national, mène depuis plusieurs années des actions en faveur de la réalisation de séries dans le cadre de l’opération Hors Séries.
Accompagnés par Antoine Chevalier et Nina Dickamby de l’association Mix’cités et par Normandie images, le groupe est constitué d’une dizaine de jeunes dont Nathanael Ondjonguis, ayant participé plusieurs années de suite à des projets Passeurs d’images, qui les fédère.
Le projet allie le “voir” et le “faire” et se déroule en deux temps :
- Une médiation autour de la série d’Arte “El Sardines” créée par Zoulikha Tahar avec le médiateur cinéma Laurent Cuillier : les jeunes découvrent la série, la décryptent et tirent des fils pour imaginer leur propre série. La thématique du départ du quartier, du voyage et du projet d’avenir seront reprises. Ce sont des sujets sensibles auxquels sont confrontés les jeunes.
Pour voir la série : "El Sardines" - Un atelier de réalisation de série avec le réalisateur Michael Leclere qui est déjà intervenu sur la série “Le monde d’après” imaginée après le premier confinement pour donner la parole de façon créative à des jeunes de 4 structures sur le port du masque. Il accompagnera les jeunes dans l’écriture de la série, la recherche d’arcs narratifs, le tournage et un peu le montage.
Pour en savoir plus sur la série "Le monde d'après"

Objectifs
Permettre aux jeunes de concrétiser leur envie de cinéma par un atelier de réalisation
Leur permettre de participer à un projet de mini-série porté par l’Archipel des lucioles
Leur faire découvrir La série El sardines avec un médiateur cinéma et leur permettre de s’en emparer pour réaliser la leur, reprenant des éléments de la série et y intégrant leurs aspirations
Leur permettre d’être devant et derrière la caméra, de participer à l’écriture, au tournage et un peu aussi au montage de leur série
Etre acteur d’un projet en étant accompagnés par un partenaire associatif et un partenaire culturel
Leur proposer une ouverture culturelle et un espace de parole
Leur permettre de prendre part à la réalisation d’une oeuvre collective
Développer des compétences, des savoir-être transposables dans d’autres domaines
Valoriser les jeunes lors de toutes les étapes du projet, de l’écriture de leur série à la valorisation en salle de cinéma et dans leur quartier
Note d’intention de Laurent Cuillier
À la suite de la projection de la série El sardines, la discussion avec les jeunes impliqués dans la réalisation du projet vidéo visera dans un premier temps à dégager les différentes thématiques abordées par les autrices. Voir dans un premier temps le grand sujet de la série, avant de revenir sur les préoccupations propres de chacun des six épisodes. Ce découpage permettra de comprendre et de justifier le découpage en chapitres de 6x10 minutes plutôt que le choix d’une fiction d’une heure.
On pourra ainsi dégager des trames à aborder dans la production des participantes et participants au projet “Grand départ” (via un personnage, une question, un lieu…).
La méthode envisagée est celle d’un atelier participatif, accompagné si besoin d’extraits de la série et d’autres supports pour illustrer les propos et méthodes présentés.
Note d’intention artistique de Michael Leclere
Dans la continuité des thématiques abordées par Laurent lors de l’analyse d’El sardines, je vais accompagner les jeunes dans le traitement scénaristique de leurs aspirations afin d’élaborer une trame autour de “l’ailleurs” et des dynamiques sociales qui sont les leurs et dont ils nous ont fait part en préambule lors d’un premier entretien.
Du processus d’écriture, nous entamerons ensuite une mise en place effective des tournages en fonction de la logistique que nous aurons à mettre en place. S’en suivra bien entendu comme dans tout atelier d’éducation aux images, une formation technique sur les rudiments de la mise en scène, la prise en main de la caméra, la lumière ainsi que le son. Comédiens ou techniciens, je les accompagnerai dans l’écriture, la réalisation et la post production des épisodes de cette mini-série qui se voudra cohérente et qualitative.
Le lancement du projet
26 personnes sont présentes au lancement du vendredi 3 juillet 2026 au Centre culturel André Malraux.Lors d’une brève présentation de la série El’Sardines, Laurent Cuillier évoque le contexte de sa réalisation et situe ses principales caractéristiques, afin que les participantes et participants à l’atelier gardent bien présente à l’esprit la thématique du « Grand départ » qui guidera leur production. Outre ce point fondamental, leur attention est attirée sur les notions de liens familiaux, de pression sociale, d’amitié et de protection de l’environnement qui peuvent orienter la réflexion lors du visionnage.
L’intégralité de la série est regardée en deux volets de trois épisodes, permettant un premier échange à mi-parcours. Lors de ce premier interlude, des questions sont posées sur la façon dont la série est perçue et quelles idées forces peuvent être retenues : les apports et remarques sont nombreux, concernant surtout l’idée de pression sociale et familiale déjà abordée mais aussi d’émancipation.
Au terme de la projection, la discussion débute par un tour de table sur la pratique de chacun en matière de choix de séries, télévisées ou autres. Laurent Cuillier revient sur les particularités d’El’Sardines, notamment concernant le choix du découpage en six épisodes et sa signification, ainsi que sur une analyse d’image de la dernière séquence, expliquant les choix de mise en scène de la réalisatrice. Ces échanges permettent également d’établir les premières pistes de travail avec Michael Leclère et de préparer quelques questions destinées à Zoulikha Tahar car les jeunes ont la chance de la rencontrer en visio!
A 20h, Zoulikha Tahar nous rejoint. Il y a beaucoup de questions des jeunes à la réalisatrice. Elle explique qu’Arte cherchait à développer des séries courtes et notamment en lien avec le Maghreb, elle leur a donc proposé ce projet. Le tournage a pris 14 jours et s’est déroulé dans la ville de sa jeunesse, ça fonctionnait mieux comme ça (après des essais à Marseille).
Un des jeunes a très bien compris pourquoi la série est en 6 épisodes : cela correspond aux 6 jours avant le départ de l’héroïne Zouzou (c’est aussi le surnom de la réalisatrice!). Il remarque justement que les titres des épisodes sont comme des chapitres.
A la question autour de l’inspiration de la série, la réalisatrice répond qu’elle s’est beaucoup inspirée de sa vie, de ses parents, Elle a vécu certaines situations et y a ajouté de la fantaisie, de l’humour. Son père était navigateur, le père de l’héroïne est marin pêcheur. Elle a une connexion à la mer. Comme dans la série, sa soeur s’est mariée avant elle.
Pour travailler sur cette série, elle a filmé ses parents, ce qui l’a aidé dans les dialogues. Étonnamment sa mère ne s’est pas reconnue dans la série (!!!) et son père si et a été touché. Il aime tout ce que sa fille fait (!) et a à cœur que ses enfants réussissent. Elle a fait jouer à sa mère le petit rôle d’une couturière.
Elle voulait aussi parler de la crise écologique… Le personnage principal fait une thèse en biologie et Zoulikha Tahar est ingénieure en mécanique des matériaux et l’actrice principale Meriem Amiar est ingénieure en biologie marine.
Un jeune lui a demandé des conseils pour réaliser leur propre série, elle leur répond : être honnête, à l’écoute de l’autre, être juste et s’amuser!
Juste après la visio, le groupe mobilisé sur le projet a discuté concrètement de la série avec Michael Leclere, les jeunes sont motivés et tireront leur inspiration de la série El Sardines et de leur quotidien.
L’atelier
Les jeunes travaillent sur un scénario en respectant le cahier des charges. Ils ont une trame, un début, une fin mais ils trouvent les dialogues pendant le tournage et enrichissent le scénario au fur et à mesure.
Le mercredi 22 juillet, avant de commencer à tourner, les jeunes regardent le pré-montage de l’épisode commencé la veille. Ils sont fiers du résultat. Il y a des rires aussi!
Une vraie équipe s’est formée, une jeune s’occupe de la caméra, les autres sont acteurs.
Projet mené avec le soutien du Département de Seine-Maritime dans le cadre de l’appel à projet Projets jeunes 76 et par l’Archipel des lucioles.
- Mots-clés: Ateliers